La santé des mineurs étrangers en danger, tous concernés !

 

Dans la continuité des années précédentes, Hors la rue a poursuivi lors des maraudes l’objectif qu’elle s’était fixé concernant la santé : réduire les résistances aux soins, améliorer la prévention et la réduction des risques et veiller à l’accès aux soins des mineurs qu’elle rencontre. Pour cela, plusieurs actions ont été menées.

Accompagner les jeunes pour accéder aux soins

Suite à des discussions informelles ou entretiens abordant les questions liées à la santé, les jeunes ont pu exprimer des demandes. Ayant des difficultés à se projeter à moyen ou long terme, certains ont souvent exprimé une demande immédiate de soins, liée à un état de santé dégradé et douloureux. De plus, l’attente liée à une prise de rendez-vous n’est souvent pas comprise ou décourage le jeune pour accéder aux soins. En fonction de l’état global des jeunes, de son adhésion et des représentations qu’il peut avoir des structures de soins, un accompagnement adapté et individualisé leur a été proposé. Celui-ci, propice à l’approfondissement de la relation éducative, a aussi pour objectif l’inscription du jeune dans un parcours de santé à plus long terme.

• Il y a eu 277 discussions informelles où les jeunes ont pu aborder les questions de santé.
• Il y a eu 92 orientations faites vers les structures de santé et 54 accompagnements (PASS bucco-dentaire, Protection Maternelle et Infantile, Hôpital Robert-Debré, Hôpital Delafontaine, Centre Municipal de Santé…).

 

Focus

L’accès aux soins auprès des jeunes en errance aggravée, sur le secteur Quatre Chemins (Seine-Saint-Denis)

Les jeunes que nous rencontrons au carrefour Quatre Chemins présentent des signes visibles de mauvaise santé : un corps amaigri, des marques de fatigues, des problèmes dentaires et dermatologiques et des blessures multiples. Parfois, on les voit avec un membre plâtré, suite à une bagarre dans la rue, nous disent-ils. De plus, nous voyons souvent leur état de santé se dégrader au fil des rencontres.
Les jeunes nous expliquent qu’ils sont exposés à la violence quotidiennement et évoquent des altercations avec d’autres personnes du quartier, parfois avec armes blanches. Quand nous leur demandons s’ils veulent voir un médecin ou se rendre à la PASS (permanence d’accès aux soins) pour se soigner, ils répondent souvent par l’affirmative et prennent les informations que nous leur remettons. Cependant, quand nous les recroisons ensuite, ils nous disent qu’ils n’y sont pas allés et nous expliquent qu’ils doivent « travailler pour gagner de l’argent pour manger ». Ce n’est que de rares fois, quand la demande devient pressée par une douleur plus intense que d’habitude que certains jeunes verbalisent eux-mêmes leur demande de consultation en urgence

Créer des espaces pour parler prévention

Tout au long de l’année, différentes équipes de tournées ont pu informer et essayer de susciter le doute, d’amener des questionnements quant aux pratiques chez les jeunes et ce, sur différentes thématiques liées à la santé (les maladies sexuellement transmissibles, les consommations de tabac et de drogues, la vie affective et sexuelle, etc.). Ces temps collectifs ont ainsi facilité la parole et ont permis de développer les capacités des jeunes à mobiliser des ressources. Continuer de créer des espaces permettant d’aborder ces sujets semble essentiel pour approfondir le travail de prévention développé cette année.

40 interventions de rue par des professionnels de santé (équipe mobile EGO d’Aurore, médecin
bénévole, ADSF).
61 ateliers de sensibilisation collective mis en place.
412 participations aux ateliers de sensibilisation collective.

 

Focus

Les ateliers santé mis en place auprès des jeunes en situation de travail quotidien, en Seine-Saint-Denis.

Les jeunes ayant du mal à s’investir durablement dans une activité cadrée, du fait de la pression de leur travail lorsque nous les voyons en mendicité, ou du fait de difficultés de concentration lorsque nous les rencontrions dans d’autres contextes, la sensibilisation à la santé a la plupart du temps été abordée à travers des activités ludiques. Nous avons utilisé le jeu, le sport, le partage d’un moment agréable, comme porte d’entrée pour aborder des sujets relatifs à la santé physique et psychique. Cela a constitué une difficulté, ces sujets n’ayant souvent pu être abordés que brièvement et de façon parfois laborieuse face à l’agitation des jeunes. Cependant, cela semble tout de même avoir porté ses fruits sur le long terme, puisque tout au long de l’année, des questionnements et des demandes ont émergé chez les jeunes, dans la lignée des questions abordées en atelier.

Par exemple, nous avons partagé un grand nombre de repas avec les jeunes, sous de nombreuses formes. à chaque fois, nous avons mis la santé diététique et l’hygiène corporelle au centre de l’activité, en abordant l’importance de manger équilibré, de s’hydrater, en questionnant les jeunes sur leurs habitudes alimentaires et leur santé bucco-dentaire, et en les incitant à bien se laver les mains.
Les jeunes se sont bien saisis du lien que nous avons établi entre le temps du repas et la santé, puisqu’à de nombreuses reprises, ils et elles l’ont utilisé pour nous faire des demandes de soins, notamment d’accompagnement chez le dentiste ou chez un médecin généraliste.

Développer des connaissances par l’expérimentation

Lors de cette année, nous avons pu mettre en place une journée de découverte et d’expérimentation des outils pédagogiques de prévention afin de les adapter aux contextes de chaque tournée, et aux besoins en santé de chaque public. Se familiariser avec ces outils a permis à chaque membre de se sentir davantage légitime par rapport aux questions liées à la santé et au bien-être des jeunes !
D’autres formations, animées par des intervenants extérieurs tels que la MMPCR et l’INJEP ou des centres de formation ont aussi été des moments forts auxquels certains membres de l’équipe ont pu participer. Les thèmes évoqués portaient sur les conduites à risques et la question de l’agressivité dans la relation éducative.

 

Perspectives

L’association souhaite, en 2022, développer le projet santé de manière globale tout en l’articulant avec les autres missions développées au sein d’Hors la rue. Pour cela, les différentes étapes seront de repenser le cadre logique de ce projet en y intégrant l’art-thérapie, la santé mentale et le plaidoyer ; de répondre à des appels à projet permettant le renforcement de la prévention clinique ; de rendre accessible l’outil “parlons grossesse” auprès des partenaires. Il sera aussi question de renforcer les ressources humaines avec l’arrivée d’une médiatrice en santé au sein de l'équipe. Ses missions seront de continuer les activités déjà existantes telles que la mise en place d’actions collectives et individuelles de promotion de la santé et le travail en partenariat.

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