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Communiqué du collectif "Ensemble contre la traite des êtres humains"

Le Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains »*  a rencontré le Secrétaire d’Etat en charge de l’enfance et des familles, le jeudi 9 décembre 2021. Cette rencontre a été l’occasion pour le Collectif de rappeler ses actions de terrain et de plaidoyers sur tout le territoire et au niveau international depuis une quinzaine d’années.

Le Collectif a pu faire part de ses préoccupations et recommandations concernant la prise en compte de toutes les formes d’exploitation et de traite dont sont victimes les mineurs en France.

Le Collectif souligne l’importance du premier Plan national de lutte contre la prostitution des mineurs, présenté en Novembre 2021. Il se félicite que la France soit devenue Pays pionnier dans le cadre de l'Alliance 8.7 pour éliminer le travail des enfants (à l’horizon 2025), le travail forcé, la traite des êtres humains et l'esclavage contemporain (à l'horizon 2030).

Le Collectif a tenu à rappeler que les enfants sont victimes de toutes les formes de traite : exploitation sexuelle, travail des enfants, obligation à mendier, esclavage domestique, contrainte à commettre des délits, mariage forcé ou servile… Ces tragédies n’ont pas de genre et concernent aussi bien les mineurs français et étrangers, parfois isolés, sur notre territoire. Dès lors, ces mineurs sont avant tout à considérer en tant que victimes et doivent pouvoir bénéficier de l’accès au droit commun en matière de protection de l’enfance, pleinement et de manière inconditionnelle.

Le Collectif demande à ce que des plans de prévention et des actions coordonnées d’identification des mineurs soient mis en place dans tous les territoires. Cela devra se traduire par :

  • L’implication de la société civile dans l’élaboration de ces plans.
  • Une communication grand public de sensibilisation.
  • La maitrise et le contrôle de l’environnement numérique dans une approche inclusive et de détermination de la responsabilité des acteurs du numérique.
  • La formation de tous les acteurs de l’enfance et autour de l’enfance (notamment du social et du médical) pour améliorer le repérage des victimes.
  • Le renforcement de la coopération entre les services de l’Etat et les collectivités, les départements, en particulier.
  • Le développement des actions d’« aller-vers ».
  • Des actions de renforcement des capacités des jeunes victimes potentielles à repérer les situations à risque et s’en protéger.

 

Le Collectif appelle à ce que la qualification juridique de traite soit davantage retenue afin que les enquêtes puissent être menées en ce sens, et pour une meilleure prise en compte des victimes. De plus, le Collectif rappelle l’article 26 de la Convention du Conseil de l’Europe et le principe d’irresponsabilité pénale concernant les mineurs contraints à commettre des délits qui doit trouver son application en France.

Enfin le Collectif a rappelé la nécessité d’une prise en charge globale, sur mesure et anticipée pour ces mineurs. La gestion des addictions et l’accès à des dispositifs de soins adaptés sont primordiaux.

 

*La Délégation était composée de : Geneviève Colas, Coordinatrice du Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains pour le Secours Catholique – Caritas France, Aurélie de Gorostarzu pour Hors la Rue, Naham Hriech Wahabi pour l’OICEM et Ludivine Piron pour ECPAT France.

 

Les membres du Collectif  «Ensemble contre la traite des êtres humains» : Action Catholique des Femmes, AFJ, Agir Contre la Prostitution des Enfants, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme, Amicale du Nid, Armée du Salut, Association pour la Réadaptation Sociale, Aux Captifs la libération, Comité Contre l’Esclavage Moderne, Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, Congrégation Notre Dame de Charité du Bon Pasteur, Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant, ECPAT France, Fédération des Acteurs de la solidarité (FAS), Fédération de l’Entraide Protestante, Espoir CFDJ-Service Jeunes errants, Fondation Jean et Jeanne Scelles, Hors la rue, Justice et Paix France, Koutcha, La Cimade, La Voix de l’enfant, Les Champs de Booz, Mouvement du Nid, Organisation Internationale Contre l’Esclavage Moderne, Planète Enfants et Développement, SOS Esclaves, et le Secours Catholique Caritas France qui coordonne le Collectif.

Contact : Coordination du Collectif "Ensemble contre la traite des êtres humains"
Geneviève Colas - Tél: 06 71 00 69 90 – genevieve.colas@secours-catholique.org

www.contrelatraite.org

Jeunes mineurs hors la rue paris

Découvrez le colloque d’Hors la rue « Libre adhésion et contrainte : quel accompagnement proposer aux mineurs en danger non demandeurs de protection ? Constats et regards croisés »

La journée d’étude sur le thème « Libre adhésion et contrainte : quel accompagnement proposer aux mineurs en danger non demandeurs de protection ? Constats et regards croisés », organisée par Hors la rue s’est tenue le vendredi 25 juin 2021 à l’Auberge de jeunesse Yves Robert à Paris. Ce colloque a permis à une dizaine de professionnels issus des sciences humaines et médicales, de France, de Suède, d’Italie ou de Belgique de partager leur expérience auprès des mineurs en situation de danger non demandeurs de protection.

Plusieurs centaines de participants ont assisté à la journée : cent-vingt personnes en présentiel et quelque quatre-vingt personnes en visioconférence. Parmi eux, différentes personnalités du Ministère de la Justice, de la Mission Interministérielle pour la Protection des Femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF), de la Mairie de Paris, du Défenseur des droits, des professionnels de l’Aide Sociale à l’Enfance, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et de divers secteurs : des travailleurs sociaux, des avocats, des médecins, des policiers, des psychologues, des sociologues et des associations.

Objet du colloque

Hors la rue observe depuis plusieurs années l’inadéquation des structures de la protection de l’enfance pour certains mineurs en situation de danger non demandeurs de protection.

Dans ce contexte, comment rechercher l’accord de ces jeunes ? Quels points d’accroche utiliser face à des jeunes qui multiplient les fugues, refusent de se soigner ou toute proposition éducative ? Comment identifier des leviers thérapeutiques pouvant être des pivots pour cheminer avec le jeune vers un mieux-être ?  Comment trouver des voies autres que celles de la pénalisation et de l’enfermement ?

L’objectif de cette journée était donc d’amorcer ces questionnements tout en essayant d’amener des hypothèses de réponses.

Après une introduction consacrée au processus de déshumanisation des jeunes du monde dans nos sociétés mondialisées, la matinée a mis en lumière le parcours de deux jeunes filles accompagnées par Hors la rue. Ces deux situations ont permis de rendre compte de leurs histoires, d’aborder les notions d’emprise et de trauma comme obstacle à leur adhésion, mais aussi de réfléchir à l’articulation du travail en partenariat ainsi qu’à la nécessité d’innover en termes de dispositifs et de structures adaptés. Afin de garantir la protection des jeunes, cette table ronde n’est pas diffusée sur nos canaux de communication, mais transcrite.

L’après-midi fut l’occasion pour différents professionnels agissant auprès de mineurs en situation de danger et/ou victime de la traite des êtres humains, venus de Suède, de Belgique et d’Italie, de partager leurs pratiques professionnelles et de présenter d’autres conceptions de la protection de l’enfance. Aussi des retours d’expériences positives menées en France ont été présentés, permettant ainsi d’amorcer une réflexion collective sur des possibilités d’action.

L’équipe d’Hors la rue souhaite remercier chaleureusement l’ensemble de ces intervenants pour le temps qu’ils ont consacré à cette journée.

Lire le programme de la journée (lien)

 

 

Les interventions de la journée

« Comment faire face, ensemble, à la déshumanisation des jeunes du monde dans nos sociétés ? » Lors de son intervention, Daniel Derivois, psychologue clinicien, professeur de psychologie clinique et psychopathologie, a questionné les refus des jeunes à des mesures de protection, qu’il soulève comme apparents.

daniel derivois

Olivier Peyroux, sociologue spécialisé dans la traite des êtres humains y présentait un panorama des différentes formes d’Exploitation en France et en Europe.

olivier peyroux sociologue

 

Florence Lardet, Substitut du Procureur, est intervenue sur l’articulation des professionnels et leur coordination tout au long du parcours de prise en charge des mineurs en danger.

 

Thomas Colin, coordinateur de la structure Esperanto et Sandrine François, criminologue, ont présenté leur centre d’accueil sécurisé et sécurisant pour mineurs présumés victimes de la traite des êtres humains ainsi que le système de protection de l’enfance belge.

 

Francesca Sguotti, psychologue clinicienne a Equality Social Cooperative, est venue d’Italie pour présenter le projet Na.Ve., dont l’objectif est de mettre en place une coordination des professionnels et d’animer un réseau de partenaires pour lutter contre la traite des êtres humains.

 

La journée s’est poursuivie avec l’intervention de Maria Von Bredow, analyst senior au Conseil National Suédois pour la Prévention du Crime, qui portait sur le système de prise en charge en Suède et sur son expérience auprès des mineurs marocains en situation d’errance aggravée : « boys on the move ».

Yann Le bris, directeur de l’association Koutcha et Yvon Rontard, directeur d’un Etablissement de Placement Educatif en Essonne, ont quant à eux présenté des expériences positives menées ou prochainement menées en France.

 

Pour conclure cette journée, Daniel Derivois, Grand témoin de la journée, est revenu sur les échanges ayant eu lieu tout au long de la journée.

 

Jeunes mineurs hors la rue paris

25 juin - Journée d'étude : "Libre adhésion et contrainte : quel accompagnement proposer aux mineurs en danger non demandeurs de protection ? Constats et regards croisés"

Depuis plusieurs années, Hors la rue observe les obstacles liés à l'identification, la prise en charge et l'adéquation des structures de protection de l’enfance pour certains mineurs en danger, pouvant être victimes d'exploitation : fugues à répétition, non-adhésion à la prise en charge proposée, aux soins… La libre adhésion vient alors se confronter à la question de la contrainte. Comment rechercher l’accord de ces jeunes afin de parvenir à une protection effective ?

Rendez-vous le vendredi 25 juin 2021 à partir de 9 heures à l'Auberge de jeunesse Yves Robert à Paris ou bien en ligne via la plate forme zoom (Au regard de la situation sanitaire, la jauge en présentielle est réduite, nous ne pouvons donc pas assurer la présence de tous sur site).

PROGRAMME

9h - 9h30 : Café d’accueil des participants

9h30 : « J’arrête de prêter le volant de ma vie ». Paroles de jeunes accompagnés par Hors la rue

9h45 – 10h10 : Ouverture et mot d’accueil

  • Estelle DENIZE, Présidente d’Hors la rue
  • Daniel DERIVOIS, Professeur de psychologie clinique et psychopathologie, Grand témoin de la journée

10h10 – 10h40 : « Traite des mineurs : nouvelles donnes en France et en Europe », Olivier PEYROUX, Sociologue, formateur, expert en migration et traite des êtres humains

 

Première partie - 10h40 – 13h00 : Constats de terrain : Echanges entre professionnels à partir de deux situations de mineures en danger

 Modérateur : Guillaume LARDANCHET, Chargé d’études à l’association Trajectoires

  1. Trauma, emprise, exploitation, comment trouver sa place ?

L’accompagnement d’une mineure victime de traite à travers l’histoire de Mila.

Hadrien BOURBON-ASSO, Educateur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Service Educatif au Centre de Jeunes Détenus (SECJD) - Fleury-Mérogis

Kebira CHARPENTIER, Assistant socio-éducatif, Aide Sociale à l'Enfance (ASE) – Paris

Julie JARDIN, Chargée de mission lutte contre la traite des êtres humains, Hors la rue

Christine PRIGENT, Psychologue PJJ, Service Educatif au Centre de Jeunes Détenus (SECJD) - Fleury-Mérogis

 

11h35- 11h55 : Pause

 

  1. Soigner ou soi nié ?

La question du soin à travers l’histoire de Charlotte

Hortense BRET BEZIAT, Psychologue, Hors la rue

Moustapha EZZIADI, Responsable de l’équipe éducative adjoint, Hors la rue

Marina LAVIGNE, Médecin généraliste et bénévole à l’association Hors la rue

Jérôme SEVRIN, Educateur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse – Arras

 

12h45 – 13h : " Le parcours de prise en charge d'un mineur en danger : quels intervenants ? Comment articuler leurs rôles ? " Florence LARDET, Substitut du Procureur, Adjointe au Chef de section, Parquet des mineurs de Paris

 

13h – 14h20 : Pause déjeuner

 

 

Seconde partie - 14h20 – 17h30 : Regards vers des pratiques innovantes françaises et européennes en matière de protection des mineurs non demandeurs de protection

 

Modératrice : Aurélie de GOROSTARZU, directrice de l’association Hors la rue

14h30 Expériences européennes :

Belgique - Présentation d’un centre d’accueil pour mineurs présumés victimes de la traite des êtres humains. Thomas COLIN, Coordinateur et Sandrine FRANCOIS, Criminologue à l’association Espéranto

Italie - Accompagnement des mineurs victimes de la traite : présentation du projet innovant N.A.Ve, Francesca SGUOTTI, Psychologue clinicienne, association Equality Cooperativa Sociale

Suède – « Boys on the move » : Prise en charge et système de la protection de l’enfance suédois, Maria VON BREDOW, Analyst senior au Centre suédois pour la prévention de l’extrémisme

 

16h15 – 16h30 : Pause

 

16h30 Expériences françaises :

-Etat des lieux des dispositifs de protection existants pour les mineurs victimes de la traite des êtres humains et présentation du centre sécurisé et sécurisant de l’association Koutcha, Yann LE BRIS, Directeur de l’association Koutcha

-Retour d’expérience sur la prise en charge de mineurs non accompagnés dans un Etablissement de Placement Educatif PJJ (EPE) en Essonne, Yvon RONTARD, Directeur de l’EPE

 

17h30 Conclusion et mot de fermeture

 

  • Daniel DERIVOIS Professeur de psychologie clinique et psychopathologie, Grand témoin de la journée
  • Aurélie de GOROSTARZU, Directrice de l’association Hors la rue

 

Formulaire d'inscription 

 

Image : copyright  : Elisa Perigueur

recrutement educateur arabophone

Communiqué concernant la recodification du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) et ses conséquences sur la protection des victimes de la traite des êtres humains

27 avril 2021

Le Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains » alerte le gouvernement français sur les risques de manquements à la protection des victimes.

Le Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains » qui regroupe en France 28 associations *, alerte les pouvoirs publics sur les conséquences de l’ordonnance n°2020-1733 du 16 décembre 2020 venant compléter la rédaction du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile CESEDA, sur la protection des victimes de traite des êtres humains. Il appelle le gouvernement à une réaction urgente. Cette refonte, sous couvert d’une recodification, prévoit des modifications substantielles sur le fond notamment s’agissant de l’accès au séjour des victimes de traite des êtres humains.

La dernière loi asile et immigration du 10 septembre 2018 prévoyait dans son article 52, de procéder à une nouvelle rédaction du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile afin d'en aménager le plan et notamment d'en clarifier la rédaction. Une ordonnance et un décret du 16 décembre sont pourtant venus modifier le droit constant, et entreront en vigueur ce 1er mai 2021. Pourtant, et pour ce qui concerne notamment les personnes étrangères victimes de la traite, de nouvelles conditions ont été ajoutées pour obtenir un titre de séjour.

La nouvelle version de l’Article L425-1 du CESEDA (anciennement L316-1) impose à la personne victime, pour pouvoir obtenir une carte de séjour, d’avoir rompu tout lien avec l’exploiteur. C’était un élément prévu dans la partie règlementaire, mais cette condition qui date de 2007 n’a pas fait l’objet de modifications et n’a donc pas évolué avec les textes de loi qui eux, ont été modifiés dans le sens de la protection des victimes. Sur quels critères les préfectures vont elles se fonder pour dire si dans telle ou telle situation la personne a effectivement rompu le lien avec l’exploitant ?

Par ailleurs, les personnes victimes qui ont porté plainte et pour lesquelles il y a une condamnation définitive de la personne mise en cause devront dorénavant bénéficier d’un titre de séjour pour prétendre à une carte de résident, comme l’indique la nouvelle version de l’Article L425-3. Quand nous savons à quel point il est difficile d’obtenir un titre, cette nouvelle condition va empêcher les rares victimes de traite qui obtiennent gain de cause de bénéficier d’un titre stable et pérenne.

Enfin, l’article L425-1 ne mentionne pas le droit à l’exercice d’une activité professionnelle, comme c’était le cas dans l’article 316-1. Sans ce droit essentiel, les victimes ne pourront pas accéder au marché du travail et resteront sous risque de ré exploitation.

Ces nouvelles conditions, ajoutées sans aucun débat législatif, présentent des conséquences non négligeables pour les victimes étrangères. Sans droit au séjour, il est effectivement plus difficile de sortir de l’emprise, bénéficier d’un suivi social, avoir un hébergement, même d’urgence, et ainsi sortir de la précarité et de la vulnérabilité qui sont pourtant des facteurs facilitant l’exploitation d’autrui.

C’est pourquoi, le Collectif demande de maintenir certaines conditions qui permettaient la protection des victimes
de traite à savoir:

1. Le droit automatique à l’exercice d’une activité professionnelle et que cette mention soit rajoutée dans la nouvelle rédaction de l’article.
2. Que soit retirée la mention du lien rompu avec l’auteur dans les conditions d’obtention du titre de séjour.
3. Qu’en cas de condamnation définitive de la personne mise en cause une carte de résident soit délivrée, de plein droit, à la victime, sans condition de séjour régulier préalable.
4. Que soit précisé le droit à l’Allocation pour Demandeur d’Asile (ADA) qui était l’allocation que les personnes régularisées au titre de l’article L316-1 pouvaient percevoir.

Le Collectif souhaite rappeler aux pouvoirs publics que la France est signataire de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains et se doit d’assurer tous les moyens de protection des victimes de traite, dont l’accès au séjour (article 14), qui prévoit la délivrance d’un permis de séjour aux victimes de la traite à la fois en raison de leur situation personnelle et en raison de leur coopération aux fins d’une enquête ou d’une procédure pénale.

Les associations souhaitent être consultées pour que la rédaction du décret attendu pour appliquer les nouvelles dispositions du CESEDA prenne en compte une meilleure protection et assistance aux victimes de traite des êtres humains.

 

Associations membres du Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains »*

Action Catholique des Femmes, AFJ, Agir Contre la Prostitution des Enfants, Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme, Amicale du Nid, Armée du Salut, Association pour la Réadaptation Sociale, Aux Captifs la libération, Comité Contre l’Esclavage Moderne, Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, Congrégation Notre Dame de Charité du Bon Pasteur, Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant, ECPAT France, Fédération des Acteurs de la solidarité (FAS), Fédération de l’Entraide Protestante, Espoir CFDJ Service Jeunes errants, Fondation Jean et Jeanne Scelles, Hors la rue, Justice et Paix France, Koutcha, La Cimade, La Voix de l’enfant, Les Champs de Booz, Mouvement du Nid, Organisation Internationale Contre l’Esclavage Moderne, Planète Enfants et Développement, SOS Esclaves, et le Secours Catholique Caritas
France qui coordonne le Collectif.

Coordination du Collectif « Ensemble contre la traite des êtres humains » : Geneviève Colas,
tél. 06 71 00 69 90 genevieve.colas@secours-catholique.org
www.contrelatraite.or

guide d'accompagnement des mineurs victimes de traite

Communiqué - Mieux accompagner les mineurs contraints à commettre des délits : le guide d'Hors la rue

L’association Hors la rue publie ce jeudi 5 novembre son guide d’intervention « Mieux accompagner les mineurs contraints à commettre des délits » à destination des professionnels engagés dans la lutte contre la traite des êtres humains. Basé sur l’expertise en matière de lutte contre la traite acquise par notre association depuis 10 ans, cet outil est pensé pour améliorer la compréhension du phénomène de la contrainte à commettre des délits.

Un guide pour mieux former les professionnels

Depuis plus de dix ans, Hors la rue repère et accompagne des mineurs victimes de contrainte à commettre des délits : en 2019, l’association a repéré 180 mineurs dont 65 ont été suivis par l’équipe éducative.

Face à l’ampleur de ce phénomène, Hors la rue consacre un ouvrage basé sur l’expérience des différentes équipes de l’association, leurs réflexions, leurs pratiques dans l’identification et l’accompagnement de ces mineurs.

Ce guide apporte ainsi des clés de compréhension essentielles pour mieux appréhender le phénomène de la contrainte à commettre des délits et former les acteurs engagés dans la lutte contre la traite : associations spécialisées, éducateurs, avocats, travailleurs sociaux et médicaux, personnel soignant, psychologues, professionnels du système judiciaire, policiers et gendarmes.

 

Des conseils concrets et pratiques pour mieux accompagner les victimes de traite

Grâce à la capitalisation d’écrits réalisés par les professionnels d’Hors la rue, d’études de cas mais aussi grâce à des infographies pédagogiques et des entretiens menés avec des professionnels du monde judiciaire et éducatif, ce guide pratique est destiné à apporter un éclairage complet du phénomène.

Une première partie est consacrée à la définition juridique de la contrainte à commettre des délits, aux profils de ces mineurs et aux différents modes de recrutement existants.

La seconde partie sur l’accompagnement, permet quant à elle de mieux comprendre quelles sont les personnes pouvant repérer ces mineurs dans différents contextes, de mettre en lumière les indicateurs permettant l’identification de ces derniers et de fournir des conseils pratiques pour mener un entretien ou effectuer un signalement auprès des autorités. Plusieurs entretiens menés auprès d’une éducatrice spécialisée de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et de deux avocates du Barreau de Paris apportent un regard complémentaire.

Le guide « Mieux accompagner les mineurs contraints à commettre des délits » porte également une attention particulière aux expériences de terrain. Une partie se consacre ainsi au travail de rue en y abordant les difficultés rencontrées et les principes d’intervention d’Hors la rue. Des conseils pratiques d’accroche pour faciliter le lien, utilisés par les équipes de l’association y sont développés. Une seconde partie porte sur le travail en détention. L’entretien mené avec un éducateur du service éducatif du centre des jeunes détenus de Fleury Merogis donne des conseils aux professionnels intervenant en détention amenés à rencontrer de potentielles victimes de traite.

Cet outil consacre en outre une partie dédiée à l’accompagnement psychologique de ces enfants. Tout en rappelant la nécessaire prise en compte des phénomènes d’emprise et de conflit de loyauté, l’ancienne psychologue d’Hors la rue nous expose des pistes pour travailler la déconstruction de l’emprise et la reconstruction psychologique des mineurs victimes de traite.

Cette seconde partie se termine sur l’orientation et l’accompagnement de ces mineurs vers des lieux sécurisés et sécurisants et sur la nécessité d’établir une réflexion entre professionnels en amont du placement et au moment de l’entrée du jeune dans la structure.

Enfin, la dernière partie du guide s’attache à montrer l’importance du travail collaboratif. En ce sens, la formalisation du partenariat, le renforcement de la formation et la construction de projets innovants tels que les séjours de rupture sont abordés comme des leviers possibles pour garantir un meilleur accompagnement des jeunes victimes de traite.

Informations pratiques  

Ce guide est disponible en version interactive en français et en anglais

Possibilité de commander la version papier, pour cela merci de cliquer ici.

 

Infographies : Marie Gourmelon. www.margelinemouron.com  

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Guide "Mieux accompagner les mineurs contraints à commettre des délits"

Vous pouvez retrouver le guide en français en cliquant sur le lien suivant :

  La 3e enquête annuelle sur les victimes de Traite des Êtres Humains (TEH) coordonnée par la Mission Interministérielle pour la Protection des Femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) et l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP) publiée en 2019 a permis de mettre en lumière l’ampleur du phénomène de la traite en France.   S’agissant des mineurs victimes de traite, 339 victimes ont été suivies par 21 associations en France en 2018, soit 12% de l’ensemble des victimes accompagnées. Parmi ces mineurs, 38% ont été contraints à commettre des délits, ce qui représente la première forme d’exploitation subie par ces derniers dans notre pays. Toutefois, bien que ces chiffres soient élevés, ils sont malheureusement loin de recouvrir toute la réalité du phénomène. Aujourd’hui, un nombre élevé d’enfants victimes de traite demeurent invisibles, car non identifiés. Le manque de connaissance lié aux formes d’exploitation et plus spécifiquement à la contrainte à commettre des délits, mène à un défaut d’identification et à l’absence de reconnaissance du statut de victime, voire à des poursuites pénales pouvant conduire à leur incarcération. Si ces mineurs restent en marge des systèmes de protection, c’est avant tout parce qu’ils sont d’abord considérés comme des délinquants à punir et non pas comme des victimes à protéger.   Depuis plus de 10 ans, Hors la rue a développé une expertise accrue dans la connaissance de certains groupes de mineurs contraints à commettre des délits et dans l’identification de ce public, que nous partageons régulièrement auprès de nos partenaires. Basé sur l’expérience, les réflexions, les pratiques des salariés et anciens salariés d’Hors la rue, ce guide capitalise toutes ces années de repérage et d’accompagnement auprès des mineurs victimes de criminalité forcée. Cet outil vous permettra :
  • de mieux appréhender le phénomène de la contrainte à commettre des délits (profils, recrutement, emprise…) ;
  • de recevoir des conseils concrets et pratiques pour repérer et identifier un mineur victime ;
  • de connaître toutes les étapes pour accompagner ces mineurs vers une prise en charge effective ;
  • de saisir l’importance du travail en partenariat.
  Ainsi, nous espérons que l’éclairage apporté dans ce guide permettra à tous les professionnels en lien avec ces publics de mieux favoriser le travail de repérage et d’accompagnement des victimes et ainsi faire prévaloir les droits fondamentaux de ces enfants et leur protection.
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Guide "Better support for minors compelled to commit crime"

Vous pouvez retrouver le guide en anglais "Better support for minors compelled to commit crime" en cliquant sur le lien suivant : Télécharger le guide Hors la Rue

Cet outil vous permettra :

  • de mieux appréhender le phénomène de la contrainte à commettre des délits (profils, recrutement, emprise…) ;
  • de recevoir des conseils concrets et pratiques pour repérer et identifier un mineur victime ;
  • de connaître toutes les étapes pour accompagner ces mineurs vers une prise en charge effective ;
  • de saisir l’importance du travail en partenariat.

Vous pouvez aussi télécharger en français le Guide : Mieux accompagner les mineurs contraints à commettre des délits

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