Expression artistique et culturelle

Depuis sa création, Hors La Rue a toujours considéré l'art comme un facteur d'émancipation. Sous l'impulsion de notre art-thérapeute, nous avons mis en place un ensemble d'activités autour de l'art à visée thérapeutique et pédagogique.

Les ateliers d'art-thérapie

Des ateliers individuels et collectifs d'art-thérapie sont organisés chaque semaine pour aider les enfants et les adolescents à s'exprimer dans le cadre d'une pratique artistique. Cela permet d'évoquer des questions sensibles et intimes qu'il est parfois difficile d'aborder avec des mots. Et ainsi, d'engager un processus de réparation et de reconstruction de soi, préalable à la construction d'un projet personnalisé durable.

Médiation artistique et culturelle

L'art-thérapie dans la rue

Dans le cadre des maraudes, l'art est souvent utilisé comme un moyen d'approcher et d'accrocher des enfants et des adolescents qui vivent dans la rue.

Les improvisations ou les jeux de marionnettes sont des outils efficaces pour attirer l'attention des jeunes, parfois réticents à entrer en contact avec des adultes et plus encore avec des travailleurs sociaux.

C'est particulièrement le cas avec ceux qui sont victimes de Traite d'Êtres Humains. Pour les mineurs qui ne peuvent ou ne souhaitent pas se rendre à notre centre, nous leur proposons de quoi dessiner ou les invitons à participer à des ateliers autour de leurs lieux de vie ou d'activité.

Expression et découverte artistique

L'art fait pleinement partie de notre approche socio-éducative.Nous proposons presque tous les jours des activités artistiques dans des domaines aussi variés que les arts-plastiques, la musique, les marionnettes ou le théâtre.L'expression et la création artistique poussent les jeunes à développer leur imaginaire, à prendre conscience de leurs capacités et ainsi à regagner confiance en eux. C'est une étape indispensable pour s'engager dans la construction d'un projet personnalisé.Fréquemment, des sorties sont organisées au théâtre ou au musée pour familiariser les enfants et les adolescents avec un monde culturel qui leur est étranger.

Exemple de Joue ta Zik :

Ali* est monté sur scène, il s'est saisi du micro et il a commencé à chanter. Un morceau de rap déclamé d'une voix puissante, assurée qui a fait se lever comme un seul homme les 300 spectateurs de la Marbrerie, invités par Hors La Rue. « Un truc de fou » commente Pierre De Meireles, président de l'association partenaire Musicreation qui, depuis 2016, conçoit et coordonne le projet Joue Ta Zik.

 En rencontrant Ali quelques mois plus tôt, ce musicien professionnel – il a sorti deux albums sous le nom de Monsieur Pierre- n'aurait jamais imaginé que l'adolescent timide à l'élocution rendue plus qu'hésitante par une vie difficile, se révélerait être une telle bête de scène.

Cet enthousiasme et cette émotion, Pierre et l'équipe de Hors La Rue, l'ont aussi ressenti en voyant Omar, drapeau du Mali vissé sur les épaules, raconter en mots et en musique son parcours migratoire et ses années de galère. Ou en écoutant le cd enregistré par les enfants et notamment les paroles de la chanson d'Adrian qui, en Roumain, a rendu hommage à son frère incarcéré.

Une trentaine d'enfants mobilisés, deux concerts, deux cd enregistrés dans un studio : en tout juste deux ans d'existence, Joue Ta Zik a prouvé à ceux qui en doutaient que la musique avait bel et bien des pouvoirs magiques. Mais cela a demandé beaucoup de travail, de patience et de persévérance.

Ce qui n'a pas été toujours évident étant donnée la situation dans laquelle vivent nombre des jeunes qui ont participé au projet. Pierre De Meireles a d'abord animé des ateliers d'initiation avec des jeux musicaux et des percussions corporelles, suivis par des séances plus poussées dans un studio d'enregistrement de la Porte des Lilas où les jeunes ont pu s'initier à des instruments et écrire et composer des chansons dans la langue de leur choix. Pour certains, cela a été l'occasion de perfectionner leur niveau de français, d'autres ont préféré écrire des paroles en bambara, en arabe ou en romani.

« Plusieurs jeunes avaient de bonnes bases musicales. Il y a eu une vraie émulation » se réjouit l'organisateur qui retient de l'expérience que « la musique est un médium ouvert qui permet à chaque jeune qui s'en empare d'exprimer des choses profondes qu'il a en lui. »

*Tous les prénoms ont été modifiés