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Idées reçues

Sur les Roms

 

Idée reçue n°1 : Les Roms sont nomades depuis toujours
Réalité : En Europe de l'est, les Roms vivent depuis des décennies de manière sédentarisée. Ils ne viennent pas en Europe de l'ouest avec leurs caravanes. Une petite partie des Roms de Roumanie (8%) migrent vers l'ouest. Ils le font majoritairement pour des raisons économiques et plus rarement à cause de discrimination.
Ils ne se stabilisent pas en France sur un territoire précis du fait des expulsions répétées des terrains sur lesquels ils vivent. Un habitat en caravane n'est donc pas forcément adapté à cette population car, la plupart du temps, ils vivent dans des maisons ou appartements en Roumanie.
Un amalgame est souvent fait entre les Gens du Voyage et les Roms migrants. Le terme « Gens du voyage » est une catégorie juridique et désigne des personnes sans domicile ni résidence fixe circulant en France ou exerçant une activité ambulante. La grande majorité des Gens du Voyage sont français et vivent dans le pays depuis de nombreuses générations. Des mariages mixtes entre Gens du Voyage et Roms migrants existent mais restent exceptionnels.
En Europe, Rom est un terme politiquement correct qui désigne un ensemble de groupes très hétérogènes.

Voir aussi le document du Collectif pour le droit des enfants roms à la scolarisation

 

Idée reçue n°2 : Roms, tsiganes, manouches, forains, tous les mêmes
Réalité : Est Rom une personne qui se désigne comme Rom. Ce terme politiquement correct désigne un ensemble de groupes très hétérogènes qui ne considèrent pas forcément comme appartenant à un grand groupe commun. Au contraire, dans la justice, ils font tout pour se différencier. Le terme Tsigane désigne la même réalité dans le langage courant mais est moins politiquement correct.
Une personne va se définir comme Manouche, Kalderash ou Sinti mais pas nécessairement comme Rom. Cependant, une certaine élite revendique une nation rom et une appartenance historique et cultuelle à un groupe commun.
Comme vu plus haut, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Roms et les Gens du Voyage, terme juridique en France. Le terme forain désigne une catégorie socioprofessionnelle (de part leurs activités ambulantes, beaucoup de forains sont des Gens du Voyage).

 

Idée reçue n°3 : Les Roumains et les Roms c'est pareil
Réalité : Les Roumains sont les habitants de la Roumanie et sont environ 22 millions dont environ 8 à 12% sont roms. Les Roms sont répartis partout et en Europe et dans d'autres pays. Leur nombre est difficilement calculable et est estimé entre 7 et 12 millions. Les estimations sont imprécises car certains pays comme la France n'autorisent pas le recensement de base ethnique. De plus, tous les Roms ne se revendiquent pas comme tels auprès des autorités, notamment par peur des discriminations.
Le pays européen dans lequel il y a le plus de Roms est la Roumanie (entre 550 000 et 3 millions selon les estimations).

 

Idée reçue n°4 : Les enfants roms qui mendient dans la rue ont été envoyés seuls en France, les parents attendent l'argent en Roumanie.
Réalité : Tout d'abord et comme il est expliqué ici, tous les Roms vivants en France ne sont pas roumains et tous ne sont pas des mendiants !
Au sein de ce que nous appelons les Roms, plusieurs catégories sociales se côtoient et les situations familiales sont très variables. Certains aident leurs parents, d'autres sont exploités.
De plus, le difficile accès à une scolarité effective et durable est un frein important à la sortie de rue. Les familles, dans l'illégalité, n'ont pas le droit aux prestations Caf et, pour les Roumains et les Bulgares, n'ont qu'un accès très restreint au marché du travail. Lorsque l'Aide sociale à l'enfance refuse de prendre en charge les dépenses liées à la scolarisation (fournitures, cantine, ...), les enfants ne peuvent pas aller à l'école et se tournent alors souvent vers la mendicité. Comme l'explique le Collectif pour la scolarisation des enfants roms, «dans plusieurs départements où les droits CAF avaient été ouverts aux familles suite à l'entrée dans l'Union européenne et retirés ensuite, l'interruption des prestations s'est presque toujours accompagnée d'une déscolarisation des enfants qui sont retournés mendier dans la rue. »

 

Idée reçue n°5 : Les Roms ne veulent pas travailler
Réalité : La grande majorité des Roms migrants vivants en France sont roumains ou bulgares. La Roumanie et la Bulgarie sont entrées dans l'Union Européenne en janvier 2007. Cependant, ces deux pays se trouvent encore en période transitoire et ont un accès restreint au marché du travail. Ils doivent détenir un titre de séjour et une autorisation de travail s'ils veulent un emploi en France. La demande d'autorisation de travail doit être faite par l'employeur et n'est pas gratuite. Ils ont cependant un accès simplifié à 150 métiers.
Cette difficulté de rentrer sur le marché du travail a bien sur des conséquences sur la possibilité et la volonté des jeunes de trouver une formation professionnalisante.
Cette période transitoire s'achèvera au plus tard le 1er janvier 2014.

 

Idée reçue n°6 : Les mineurs roms sont tous exploités. L'exploitation fait partie de la culture des Roms
Réalité : L'idée d'une mendicité orchestrée par des réseaux criminels relève bien davantage du fantasme et des représentations xénophobes attachés aux Roms et Tsiganes que de la réalité.
Il faut séparer les deux termes. Il existe malheureusement des enfants roms en situation de traite, tout comme il existe des Français ou des jeunes mineures nigérianes par exemple. Selon l'Unicef, 1,2 millions d'enfants étaient en situation de traite dans le monde en 2006.
Il est cependant vrai que certains jeunes rencontrés par l'association HLR sont en situation de traite. Ils ne le sont pas forcément par leur famille. Plusieurs types d'asservissement existent : lié à l'inaccessibilité du marché du travail, lié à la famille, lié à un tiers et/ou à une organisation. Un jeune peut être soumis à plusieurs formes d'asservissement.

 

Idée reçue n°7 : Les Roms forment une population qui ne cherche pas du tout à s'intégrer
Réalité : Concernant la France, on parlera ici des Roms migrants venant des pays de l'est de l'Europe. Ces personnes arrivent souvent très démunies et se retrouvent à vivre dans des squats et bidonvilles. Elles sont régulièrement expulsées de leurs habitations de fortune et les enfants ont alors beaucoup de mal à suivre une scolarité normale.
Les Roms de Roumanie et de Bulgarie n'ont qu'un accès très restreint au marché du travail. Tous subissent la discrimination au quotidien et sont stigmatisés par les médias et les politiques. Dans ces conditions, il faut se demander si ce n'est pas plutôt la société française qui empêche les Roms de s'intégrer.
Concernant la Roumanie, Simion Codoba, de l' Université de Babes-Bolyai à Cluj témoigne que 40 % des Roms ont amalgamé la culture roumaine et refoulé leurs traditions afin de mieux s'intégrer. Ils ne parlent plus la langue tzigane, mais le roumain. Ils ne sont plus des ruraux nomades, mais des sédentaires urbains.(source : D'Esméralda au voleur de poules : notre regard sur les Roms de Marie Delhaye).

 

 

Sur l'immigration / les migrants

 

Idée reçue n°8 : Les mineurs étrangers sont condamnés à être clandestins à 18 ans.
Réalité : Il faut tout d'abord savoir qu'un mineur est inexpulsable selon la loi française (on peut cependant lui interdire l'entrée sur le territoire français. Il ne quitte alors pas l'aéroport et est refoulé).
Une fois le jeune devenu majeur, différentes situations existent, notamment selon la nationalité des jeunes.
Les jeunes majeurs roumains et bulgares ont une situation particulière puisqu'ils sont membres de l'Union Européenne mais originaires de pays en période transitoire concernant l'accès au marché du travail. En tant que citoyens de l'Union Européenne, ils sont libres de circuler partout dans l'U.E mais ne peuvent rester en France que 3 mois s'ils ne justifient pas de revenus suffisants. Un jeune ayant pu avoir une scolarité en France et/ou d'une formation professionnelle bénéficiera de meilleures conditions pour s'insérer.
Pour les jeunes extracommunautaires, la clandestinité n'est pas non plus une fatalité à 18 ans. Certains jeunes arrivent en France pour demander l'asile car ils sont menacés dans leur pays d'origine. La majorité n'affecte pas le statut de demandeur d'asile.
D'autre part, les mineurs doivent être pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance lorsqu'ils arrivent en France. Une intégration dans la société française, grâce par exemple à une scolarisation ou une admission dans un foyer proposant une formation professionnelle, favorise les démarches du jeune pour obtenir une autorisation de séjour. C'est pourquoi il est très important d'amener le jeune vers le droit commun le plus tôt possible.

 

Idée reçue n°9: On doit protéger en priorité les enfants français. On verra les étrangers plus tard
Réalité : La France a ratifié la Convention Internationale des droits de l'enfant en 1989. Son article 2 stipule :
« Les États parties s'engagent à respecter les droits qui sont énoncés dans la présente Convention et à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune, indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou autre de l'enfant ou de ses parents ou représentants légaux, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur incapacité, de leur naissance ou de toute autre situation. »
L'article 3 est clair sur les droits de l'enfant et les devoirs des états signataires :
« Les États parties s'engagent à assurer à l'enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être [...] »

 

Idée reçue n°10 : La France est un pays d'immigration massive
Réalité : La France n'est plus un pays d'immigration massive depuis les années 70. Elle est même devenue un des pays d'Europe où la croissance démographique dépend le moins de l'immigration.
De plus, la France rejette beaucoup les demandes d'asile. En 2009 et toujours selon les statistiques d'Eurostat, les Etats membres de l'UE ont en moyenne rejeté 69% des demandes d'asile. La France 86% (à titre de comparaison, le Royaume-Uni n'en a rejeté « que » 59%).

Idée reçue n°11: Les personnes qui migrent sont les plus pauvres et viennent profiter des aides publiques.
Réalité : Les migrants ne sont pas forcément les personnes les plus pauvres de leurs pays.
Migrer est souvent une épreuve difficile et ne se fait pas toujours de gaieté de cœur.
Du milieu du 19ème siècle au début des années 70, la France est devenue une terre d'immigration pour pallier aux carences de main d'œuvre. Ces personnes immigrées ont aidé à construire la France.
Aujourd'hui, les personnes qui migrent en France le font pour plusieurs raisons :
• Ils fuient un conflit dans leur pays. Ils ne sont pas nécessairement les plus pauvres mais veulent assurer un avenir à leur famille dans un pays en paix
• Ils sont menacés dans leur pays, pour leurs convictions religieuses, leurs idées politiques ou encore pour leur orientation sexuelle
• Ils espèrent une vie meilleure en France car ils sont discriminés dans leur pays
• Les conditions climatiques et catastrophes naturelles les empêchent de vivre de façon correcte (manque d'eau, tremblement de terre, ...)
• Ils ont trouvé un travail en France ou viennent pour faire des études
• Et bien sur, une partie des migrants viennent en France dans l'espoir de trouver un travail et d'améliorer la vie de leur famille. Ces personnes sont plus ou moins pauvres et plus ou moins éduquées.

Pour toutes ces personnes, il n'est pas toujours aisé d'avoir accès aux aides sociales. Il faut être en situation régulière pour avoir accès à la plupart des droits sociaux (la plupart des personnes dans ce cas travaillent et donc cotisent). Les sans-papiers, en revanche, n'ont pas accès à la plupart des prestations sociales, même lorsqu'ils cotisent. Au final, les étrangersen France contribuent plus en cotisations qu'ils ne coûtent en prestations.(Souce : Petit guide pour lutter contre les préjugés sur les migrants, La Cimade)

 

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