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EDITO

Il est des années où le ciel est particulièrement agité.2018 a été de celles-là pour Hors la rue, tant en interne que sur le plan de l’actualité politique. Notre équipe a connu un important renouvellement cette année, avec huit départs et autant d’arrivées. Je tiens avant toute chose à remercier les anciens salariés qui se sont engagés avec force et compétence dans notre projet associatif et notamment notre ancien directeur Guillaume Lardanchet, remplacé par Nawel Laglaoui. La nouvelle équipe, jeune et dynamique, a été choisie en cohérence avec nos valeurs. Elle a su trouver rapidement ses marques pour maintenir le cap de notre action de repérage, d’orientation et d’accompagnement vers le droit commun des mineurs étrangers. Nous avons ainsi pu poursuivre la plupart de nos projets socio-éducatifs et même en initier d’autres (prévention santé pour les jeunes en rue, ateliers de marionnettes et de théâtre, initiation ludique au développement durable...).

Ce souffle nouveau a aussi été l’occasion de renforcer nos moyens d’action à travers une modernisation des outils de collecte statistique et de communication. Nous nous sommes également mobilisés pour élargir le noyau de nos soutiens et de nos donateurs. Grâce à eux,grâce à vous, nous espérons pouvoir être plus visibles et mieux audibles pour défendre les droits des mineurs étrangers et sensibiliser les pouvoirs publics sur leur sort.

Certaines évidences ne seront jamais assez répétées : avant d’être des migrants, les mineurs étrangers sont d’abord et avant tout des enfants. S’il nous paraît essentiel de marteler cette antienne au fondement de notre engagement, c’est que la situation nous inquiète. Au plus haut point. Année après année, nous voyons un nombre croissant de jeunes étrangers se retrouver en marge du système de protection, contraints de vivre dans la rue, dans des squats, dans des bidonvilles, ou d’être hébergés chez des citoyens solidaires, hors de tout cadre légal. Les réponses répressives, loin de résoudre les problèmes, contribuent à installer une protection des mineurs à deux vitesses et à rendre les jeunes que nous
accompagnons toujours plus vulnérables.
 
C’est le cas pour les mineurs non accompagnés, désormais contraints d’effectuer des contrôles biométriques en préfecture pour prouver leur minorité. C’est le cas pour les jeunes en errance, en situation d’exploitation ou de pauvreté extrême, dont on oublie trop souvent qu’ils sont des victimes avant d’être des voleurs ou des mendiants. 
 
La situation n’est pas simple, nous le savons. Mais il est de notre responsabilité commune de ne pas céder au découragement et au fatalisme. Et pour ce, de trouver les moyens et d’inventer ensemble les dispositifs nécessaires pour que soient pleinement respectés les droits de tous les enfants sur le territoire français. Comme par le passé, nous ferons montre de la plus grande vigilance afin que les évolutions législatives et réglementaires à venir n’affaiblissent pas la protection de l’enfance mais la renforcent.
 
Dans ce combat, nous savons que nous ne sommes pas seuls. Tout au long de l’année, nous travaillons main dans la main avec nos partenaires institutionnels et associatifs que je tiens à remercier pour la qualité de leur collaboration. De même, je souhaiterais adresser mes félicitations et tout mon respect à l’équipe de Hors la rue, salariés et bénévoles, et leur rappeler combien leur implication dévouée est précieuse, indispensable
même, pour nombre de mineurs étrangers en danger. Enfin, si la protection de l’enfance n’a pas de prix, elle a un coût bien réel. Qu’il me soit donc permis de témoigner de ma gratitude à nos bailleurs et à nos donateurs, sans qui nous ne pourrions exister.
 
Estelle DENIZE, Présidente

Consulter le Rapport d'activité 2018.

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La principale préoccupation que nous avons aujourd’hui est l’apparition et la très forte augmentation de jeunes mineurs en situation de traite et de prostitution. En 2009, sur les 270 nouveaux jeunes que nous avons rencontrés, plus de 40, c’est énorme, se livraient à des activités de prostitution. Face à cette situation grave et très préoccupante, nous devons redoubler d’efforts pour inventer les moyens les plus pertinents et les plus efficaces permettant de sortir au plus vite les enfants de ces situations abjectes.

Ces jeunes ont besoin de l’intervention et des compétences de tous, institutions, services sociaux, police, associations pour parvenir aux meilleures solutions. Mais la mobilisation de l’ensemble des acteurs n’est pas encore selon nous au niveau des enjeux ; les situations de traite et de prostitution sont encore niées parfois et un climat tendu s’est installé autour de la question de la prise en charge des roms dont sont issus nombre des mineurs en danger que nous prenons en charge.

Par ailleurs, la France s’apprête à ratifier un accord de 2007 avec la Roumanie portant sur le retour des mineurs roumains isolés. Nous nous opposons fermement à cet accord qui intervient sans évaluation préalable du dispositif déjà en place et qui ouvre la voie à une possibilité d’expulsion pure et simple des mineurs, en contournant l’autorité du Juge pour enfant et l’obligation d’enquête préalable. Or si le retour au pays fait bien parti du panel de solutions que nous pouvons proposer aux jeunes, ce n’est pas le seul et souvent pas le plus adapté.

Pour poursuivre nos actions et notre mobilisation, nous avons besoin du soutien le plus large, moral, technique, comme financier. Nous vous remercions par avance pour la contribution que vous voudrez bien apporter à nos projets pour ces enfants.